Mentalcamp
30/05/2019

Utilisez votre mental pour mieux atteindre le sommet en escalade – Partie 1.

escalade

Introduction

Que vous soyez débutant en escalade ou expert, il y a un thème qui revient souvent : le mental. Autour de phrases de ce type : « Pose ton mental ! » « N’aie pas peur » « Ne pense pas à la chute » …

C’est à croire le mental est indissociable de la pratique physique et de la gestuelle. Normal ! Puisque nous demandons à notre cerveau de dépasser un seuil en acceptant de quitter notre bipédie sécurisante (et banale), pour aller évoluer et flirter avec les hauteurs. Pour certains, ce jeu est porteur d’envie et d’enthousiasme, et pour d’autres, malgré l’envie, voilà que des crispations et des tensions se mettent en place, qui parfois freinent la progression. Comme se fait -il qu’un loisir, une passion puisse autant activer nos émotions ? Et comment parvenir à prendre le dessus pour les utiliser ? Comment faire pour changer d’émotions lorsque celles-ci nous amènent à faire des maladresses, des erreurs, à nous crisper, nous tendre… Et si nous avions le choix ?

Voici de quoi travailler mentalement pour mieux grimper et être encore plus libre.
 

Grimper pour éviter de tomber ? Ou pour atteindre le relais ?


A Mental Camp, en tant qu’instructeurs, nous sommes surtout et avant tout coachs mentaux de sportifs. Depuis des années nous posons une question simple aux sportifs que nous accompagnons lors de nos stages Excellence, Escalade, Crossfit, Running, Triathlon ou autre… Pourquoi faites-vous ce que vous faites ? Pourquoi grimper, courir, nager ? Quel est le sens que vous mettez dans votre pratique ? Quelles sensations, émotions, acquisitions recherchez-vous en faisant cela ?

Et pour aller plus loin, et plus spécifiquement en escalade, lorsque vous grimpez : pourquoi grimpez-vous ? Pourquoi serrez-vous les prises ?

Bien souvent lorsque l’on creuse efficacement, on se rend compte que deux grandes tendances se dessinent : il y a ceux qui serrent les prises et enchainent les mouvements pour aller en haut, et il y a ceux qui grimpent et avancent dans leur voie pour ne pas tomber…

 

Ça vous parle ? Naturellement, et c’est même bon signe !

Vous vous retrouvez dans une de ces deux catégories car nous sommes dans une activité binaire.

Soit je grimpe et j’arrive en haut, soit je tombe. Ces deux finalités possibles créent deux fonctionnements : l’aller vers, ou l’évitement. Celui-ci est d’ailleurs aussi appelé la « fuite en avant ». Et donc ces deux dimensions créent naturellement des stratégies différentes chez le grimpeur ou la grimpeuse.

La façon d’aborder une voie va changer, puisque les représentations internes vont être différentes : ou je fuis la chute, ou je vais vers le relais.

Vous pourriez me dire : « Jonathan, ok, on a pigé, mais la finalité est la même, puisque dans les deux cas, je grimpe ! ». C’est vrai ! Mais… ce n’est peut-être pas choisi ?

Je m’explique : dans un cas, c’est la peur qui est le moteur du mouvement et de l’ascension du grimpeur, et dans l’autre c’est l’envie. Bien que la peur soit souvent perçue négativement, elle reste une émotion fabuleuse puisqu’elle permet de nous protéger, d’activer la vigilance et de prendre des risques mesurés. Donc, elle peut tout à fait être un bon moteur. Mais en cas de difficulté dans un crux, un pas difficile, quelles réactions va-t-elle enclencher chez celui dont c’est le moteur ? Souvent, des réactions très primaires : pensées parasites, crispations, tensions, accélérations du rythme cardiaque, sudation… Lorsque ces signes se manifestent, le simple fait d’en prendre conscience tend à amplifier ces réactions. Bref, c’est le cycle infernal qui se met en route.

Attention ! Je ne suis pas en train de dire qu’on ne peut pas grimper efficacement de cette façon. Certains grimpeurs ont même besoin de grimper par peur, puis de prendre un coup d’électrochoc, pour se mettre dans leur voie et parvenir à sortir une énergie jusque-là inattendue. En soi, grimper par envie, ou par peur, sont toutes les deux des stratégies intéressantes. Mais chacune a son revers de médaille.

Détaillons maintenant l’envie d’aller en haut chez un grimpeur. Ça peut être boostant.  Ça peut lui permettre de rentrer dans sa voie, dans sa bulle dès le début. Mais le risque est que l’attention du grimpeur se focalise sur le résultat, le relais. Dans ce cas-là, le grimpeur s’expose à être moins présent sur son action et son geste, laissant la place aux maladresses, aux erreurs de choix, et à la précipitation. La moindre zipette peut alors devenir très déstabilisante et créer une baisse de motivation.

Donc si les deux stratégies peuvent avoir leur intérêt, elles ont aussi leurs limites. Comment faire ?

Choisis ta voie !

Et de quelle voie parle-t-on ?

De la voie de la Peur, ou la voie de l’Envie.

 

L’important pour nous, au niveau mental, c’est le choix et la conscience. Parce que lorsqu’un grimpeur est bloqué à un certain niveau, dans une forme d’inclinaison ou sur un type de mouvement, la question est celle-ci : s’il avait le choix, que ferait-il ?

Car notre mental, la plupart du temps, choisit pour nous. Aucun grimpeur débutant ne se dit : « moi, je vais grimper en allant vers le haut pour ne pas tomber ». C’est automatique. Ainsi, nous sommes victimes d’un choix qui n’est pas vraiment le nôtre, mais celui de notre mental.

Partir dans une voie sans peur peut rendre l’activité banale, alors qu’elle ne l’est pas. Partir dans une voie de son niveau max en se disant que c’est joué, n’est pas forcément une bonne stratégie non plus. Par contre, arriver à choisir l’état dans lequel on veut grimper… voilà une bonne stratégie.

C’est ce que nous allons voir dans la suite de cet article.




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